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Bonjour monsieur Beauséjour et merci de nous accorder cette entrevue. En quelle année et dans quel contexte la CIGM a-t-elle été fondée?
La CIGM a été créée en 1920. À l’origine elle était une division de la Chambre de commerce de Montréal. En 1954, les acteurs principaux de la scène immobilière ont décidé de former leur propre organisation qu’ils ont appelé la Chambre d’immeubles de la région de Montréal. Cette association regroupe depuis les agents et les courtiers et opère à titre d’organisation qui les représente. Le contexte qui a supporté la création de la Chambre d’immeubles était le besoin deréseautage entre les agents et les courtiers. On doit se souvenir qu’à l’époque, en absence d’ordinateurs et d’Internet, les agents devaient faire tout à la main. La formation des membres était aussi un dossier important. L’ancêtre du système MLS®, appelé le Photo Coop, consistait pour les agents à s’échanger des photos des maisons qu’ils avaient à vendre ainsi que les informations lors de petits déjeuners de réseautage. Le système MLS® est arrivé rapidement par la suite.
Quel est la mission de la CIGM?
Sa mission est d’aider et de supporter ses membres dans la réalisation de leurs objectifs d’affaires et de les maintenir en prédominance dans la transaction immobilière. Elle joue aussi un rôle important dans la formation continue.
Quels sont les outils utilisés par la CIGM pour faire l’analyse du marché immobilier?
L’analyse du marché immobilier est basée sur l’ensemble de toutes les transactions enregistrées dans le système MLS®. À l’heure actuelle, la base de données MLS® est la plus fiable dans l’ensemble du marché immobilier. À l’aide de deux économistes, nous avons divisé le territoire en six régions métropolitaines de recensement. Les analyses du marché immobilier se font de façon très scientifique et par catégorie de propriétés, soient la maison unifamiliale, la copropriété et les plex. Cette analyse est effectuée par nos économistes qui évaluent les grandes tendances actuelles du marché et les fluctuations à venir, tant au niveau du nombre de transactions que de la variation du prix médian. Cette analyse est ensuite diffusée par le service des communications qui répond à plus de 350 demandes de renseignements ou d’entrevues par année de la part des journalistes. À titre de chef de la direction et porte-parole de la Chambre, je donne environ 50 entrevues par année. Si on connaît bien les facteurs qui influencent le marché, c’est plus facile d’expliquer ce qui arrive, et ce, surtout en période de crise économique tel qu’actuellement.
Les agents et courtiers sont-ils tous membres de la CIGM?
La CIGM est une association à adhésion volontaire. Le courtier immobilier n’est pas dans l’obligation d’être membre de la CIGM mais s’il l’est, tous ses agents doivent l’être. Un nombre minime d’agents pourraient ne pas avoir besoin de nos services. Par exemple, un agent travaillant en région, qui connaît très bien tout le monde dans sa petite ville, n’aurait pas besoin de nos services et du système MLS®. Le système MLS® est le plus performant et puissant au monde. Il est présentement unique à l’Amérique du Nord et son utilisation s’étend lentement autour du globe. Il se distingue par le fait qu’au moment même de l’inscription d’une propriété sur le marché dans la région de Montréal, 10 000 autres agents immobiliers la voient instantanément ce qui contribue considérablement à accélérer la vente.
Quels services sont-ils offerts aux agents?
Le système MLS® est l’outil de travail le plus important offert aux agents. En 1988, le système Edgar a vu le jour. Il avait été conçu pour des mini-ordinateurs. Il a évolué jusqu’à sa retraite en 2008 pour être remplacé par Matrix, qui est beaucoup plus performant. L’information que le grand public voit sur mls.ca provient de notre système MLS® mais l’outil développé pour les agents contient beaucoup plus d’informations (60% de plus). Le réseau est extrêmement structuré et avec des règles très précises.
Quel est l’état actuel du marché et quels sont les facteurs qui l’influencent?
On s’étonne présentement de voir le Québec contre performer par rapport au reste du Canada. Notre première réaction est de se dire qu’on va finir par tomber nous aussi mais dans les faits, ce n’est pas ce qui se produit. Pourquoi? La réponse est très simple. Au Québec, il n’y a pas eu de spéculation dans le marché immobilier. Il n’y a pas eu d’augmentation vertigineuse des prix comme à Calgary par exemple. Ça veut donc dire qu’il n’y aura pas non plus de baisse vertigineuse. Ça rend le marché québécois beaucoup plus stable que celui du reste du pays. À Toronto, les pertes d’emploi massives contribuent aussi à empirer leur situation. Au Québec, les petites et moyennes entreprises très diversifiées contribuent grandement, avec le développement des nouvelles technologies, à notre stabilité.
Les trois variables qui influencent notre marché sont les taux d’intérêt hypothécaires, la formation d’emplois et le taux de confiance des consommateurs. Donc ce sont ces trois variables qui nous permettent de voir comment le marché réagit. Les taux hypothécaires qui sont déjà bas baisseront d’avantage au courant des prochains mois, ce qui est un facteur très positif sur le marché immobilier. La création d’emploi est encore très acceptable au Québec avec 2500 emplois créés lors du dernier trimestre alors que l’Ontario en perdait 75 000. Le dernier facteur est actuellement le plus important et c’est la confiance du consommateur. Elle est présentement au plus bas depuis bien des années. C’est le facteur qui influence le plus le marché du Québec en ce moment ce qui a causé une baisse du nombre de transactions pour le mois de novembre, par rapport à l’an passé. Nos trois élections en ligne avec des gens qui nous convainquent que ça va mal n’ont pas aidé. Par contre, les transactions vont bon train et les prix continuent à se maintenir ce qui prouve la bonne santé du marché québécois.
Le marché actuel est-il plus favorable aux acheteurs ou aux vendeurs?
Le marché est actuellement équilibré. Montréal est définitivement à contre-sens par rapport au reste du Canada. Les indices le prouvent. Le Québec a fait un atterrissage en douceur et comme on a atteint des records de tous les temps l’an passé à Montréal, il est normal que nos chiffres soient plus bas cette année. On ne peut être continuellement en croissance, c’est impossible. Les prix n’augmentent pas rapidement et l’augmentation se rapproche du taux d’inflation ce qui nous garanti un bon équilibre.
Quel conseil donneriez-vous aux gens qui prévoient acheter une propriété?
Le consommateur doit évaluer ses besoins et son budget avant de commencer à visiter afin de faire un choix éclairé. Si on visite une maison à 500 000$, on aura beaucoup de difficulté par la suite à en aimer une de 250 000$ et on aura tendance à acheter un produit qui ne convient pas à nos capacités. Il est donc préférable de commencer par une pré autorisation hypothécaire auprès de votre institution bancaire. Suite à cela, contactez un bon agent immobilier. Dans le contexte actuel, il est plus que jamais important et payant de se faire conseiller par un professionnel de l’immobilier. On n’est plus du tout dans la période 2001-2002 pendant laquelle on mettait un condo en vente sur le Plateau par exemple et on avait 100 acheteurs potentiels qui venaient le visiter. Un agent immobilier maximisera le prix de vente et aussi la valeur de votre propriété. Un agent pourra négocier un meilleur prix et aussi de meilleures conditions, surtout en période de récession économique.
Croyez-vous qu’un investissement immobilier demeure le placement plus sur, malgré la conjoncture économique actuelle?
Oui, j’en suis sûr. Il est impératif d’arrêter de risquer ses fonds de pension à la bourse, l’immobilier est définitivement la meilleure option et la plus stable. Une bonne maison, en plus d’être un endroit ou habiter, est une valeur sûre. Une action à la bourse peut facilement perdre sa valeur comme du vent.
Quel sont les projets et les défis de la CIGM pour l’année 2009?
Le plus grand défi pour 2009 est de supporter adéquatement l’ensemble des agents immobiliers qui pour la plupart n’ont jamais expérimenté un contexte comme celui que l’on vit. Actuellement, les agents vivent un changement de marché et le grand défi pour la CIGM est de les aider à s’adapter à ce nouvel environnement. La CIGM se propose d’offrir encore plus d’instruments technologiques qui aideront les agents à être encore plus performants et par le fait même, être en mesure de mieux servir le consommateur. |